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Sénégal : L’approche SHEP préconisée pour développer les chaines de valeur agricoles

L’approche de développement agricole et rural dénommée SHEP devrait être utilisée pour transformer les différentes chaines de valeur agricoles au regard des résultats de son implémentation dans le secteur de l’horticulture, a déclaré mardi, à Dakar, le secrétaire général du ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural, Pape Malick Ndao.

L’approche SHEP (Smallholder Horticulture Empowerment & Promotion) est également appelée approche pour l’autonomisation des petits exploitants horticoles.

Elle vise “l’agriculture orientée vers le marché”, perspective suivant laquelle cette approche consiste à changer l’esprit des agriculteurs, en les faisant passer de l’état d’esprit consistant à “produire et vendre” pour qu’ils arrivent à “produire pour vendre”.

Ce changement de paradigme “n’est que salutaire pour améliorer la mise en marché”, a souligné le SG du ministère de l’Agriculture, à l’ouverture d’un atelier international de partage avec des professionnels de l’agriculture venus de la sous-région ouest africaine.

Du point de vue de l’approche SHEP, “il faut une connaissance du marché pour vendre avant de produire”, a expliqué Pape Malick Ndao.

Cette méthode, en cours d’expérimentation dans le secteur de l’horticulture, “prône une transformation de l’agriculture par un changement de paradigme pour faire du secteur un business et de l’agriculture” un domaine de l’entreprenariat, a-t-il dit.

Le SG du ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural de rappeler que des “résultats très positifs” ont été enregistrés lors de l’évaluation finale du projet SHEP conduite durant la période de juin 2021, ce qui “laisse entrevoir une très probable deuxième phase élargie à la problématique de la nutrition”.

Le SHEP, une approche à l’origine expérimentée au Kenya par la JICA, l’agence japonaise de coopération internationale, a été introduite au Sénégal dans la zone des Niayes auprès des petits producteurs horticoles.

Selon Pape Malick Ndao, le Sénégal a su adapter le SHEP à son contexte socio-économique avec des outils tels que le guide illustré et l’outil de maximation des revenus.

D’où l’organisation de cette rencontre internationale avec la JICA, en vue de “partager le modèle SHEP et sa mise à l’échelle à travers la sous-région pour une Afrique plus résiliente”, souligne M. Ndao.

Le représentant-résident de la JICA au Sénégal, Hiromichi Morishita, a lui aussi rappelé que l’approche SHEP est née d’un projet de la coopération japonaise au Kenya en 2006.

“La commercialisation étant l’élément central de cette approche, elle avait permis de doubler les revenus de 2500 petits exploitants en seulement deux ans”, a-t-il indiqué.

Aussi, depuis 2013, la JICA s’est engagée à promouvoir cette approche comme un outil de vulgarisation agricole et compte appuyer le renforcement de capacités en matière d’adaptation aux besoins des marchés pour les petits producteurs.

Dans le but de diffuser davantage l’approche SHEP et le projet ’’champ-école-paysans’’, le Sénégal coopère avec la JICA et l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) “pour une bonne synergie en créant un modèle intégré”, selon Hiromichi Morisshita.

Cette synergie devrait permettre de “renforcer sans doute la capacité des producteurs par le biais d’une vulgarisation agricole plus efficace et efficiente”, a-t-il ajouté.

Pendant trois jours, les participants à cette rencontre, venant de 12 pays, partageront leurs expériences et discuteront de l’intégration du SHEP dans les systèmes nationaux de conseil agricole et rural.

Ils sont également appelés à réfléchir sur sa mise à l’échelle dans les autres filières et sa combinaison avec les autres programmes et projets pour une synergie d’actions.

APS

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