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Selon la FAO la région ouest-africaine perd environ 2,5 milliards de dollars par an à cause de la pêche illicite, non déclarée et  non réglementée

Somone (Mbour) – La pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) fait perdre à la région ouest-africaine environ 2,5 milliards de dollars par an, a révélé jeudi Paula Anton, responsable de la pêche et de l’aquaculture au bureau régional de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à Dakar.

“La région ouest-africaine perd, chaque année, environ 2,5 milliards de dollars à cause de la pêche INN qui, contribuant à la pauvreté, est en train de réduire tous les efforts dans la gestion des ressources halieutiques”, a-t-elle expliqué. La responsable de la FAO s’exprimait lors de la deuxième réunion du comité de pilotage du cadre stratégique ainsi que du plan d’action de lutte contre la pêche INN, coïncidant avec un atelier des parties prenantes qui se tiennent à Somone (Mbour, ouest), jeudi et vendredi.

Les deux rencontres sont organisées à l’initiative de la FAO, sur le thème : “Renforcer les mécanismes régionaux de coordination pour combattre la pêche INN en Afrique de l’Ouest”. “On doit considérer la pêche INN comme un sujet prioritaire, puisque les ressources halieutiques n’ayant pas de frontière, les pays doivent travailler en synergie, notamment au niveau régional. Il faut renforcer la coordination pour la lutte contre la pêche INN, afin d’éviter les doublons dans les stratégies de lutte”, exhorte Paula Anton.

En Afrique de l’Ouest, la pêche est une activité extrêmement importante au triple plan économique, social et culturel, a déclaré Ndiaga Guèye, fonctionnaire principal chargé des pêches et de l’aquaculture au bureau régional de la FAO pour l’Afrique, à Accra, au Ghana. “Malheureusement, ce secteur est confronté à d’énormes difficultés et à de graves menaces. Et l’une des menaces les plus importantes, c’est la pêche INN, qui est véritablement un fléau dans la sous-région ouest-africaine”, a relevé M. Guèye.

Selon lui, depuis de longues années, les États ont tout fait pour combattre ce fléau avec leurs moyens qui sont, en réalité, les moyens d’un pays en développement. “On a pensé que si on veut rester simplement à l’échelle nationale, on ne va pas y arriver. Il faut donc mutualiser nos moyens à travers la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)”, a estimé Ndiaga Guèye Il signale que dans ce cadre, la FAO a apporté un soutien dans le cadre d’un projet de coopération technique

D’un montant de 300 mille dollars, ce soutien a été financé sur fonds propres, afin de cerner les véritables enjeux de ce fléau et la manière d’en venir à bout. “Nous avons, avec la CEDEAO, fini de définir un cadre harmonisé que nous allons valider aujourd’hui. Ce cadre harmonisé va permettre, au moins, d’avoir une feuille de route ; les États auront ainsi une vision claire d’où il faut aller pour renforcer la lutte contre la pêche INN”, a souligné le fonctionnaire principal de la FAO. Il estime qu’il ne suffit pas seulement d’avoir une politique sur les papiers, mais il faut aussi la rendre opérationnelle en mobilisant des moyens financiers et humains plus importants.

APS

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