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Relance des activités socioéconomique du Sénégal : Zoom sur les grandes lignes du « PAP 2 ajusté et accéléré »

Pour une bonne maitrise des enjeux et défis du Plan d’actions prioritaire ajusté et accéléré du plan Sénégal émergent (PAP2A), le ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération Amadou Hott, entouré de plusieurs directeurs généraux au cœur des activités économiques du pays, mais aux des partenaires au développements,  a partagé les projets et perspectives d’une relance inclusive et résiliente post-Covid de l’économie sénégalaise.

Face à la presse sénégalaise et internationale, le ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération Amadou Hott dans une série de questions réponses, suite à un panel le PAP 2 A, a apporté des éclairages sur les projets prioritaires de cet ambitieux projet de 14 712 milliards de FCFA.

Crise de la COVID-19 : impact sur l’économie et riposte

Le panel a montre que la pandémie de la Covid-19 est un choc sanitaire brutal à l’échelle planétaire avec un impact sur toutes les économies, à travers divers canaux tels que le commerce international, les transferts des migrants, le tourisme, le transport aérien et les finances publiques.

Elle a provoqué la fermeture des frontières, les restrictions dans le transport, avec comme effets le ralentissement, voire l’arrêt des activités dans certains secteurs.

Cette situation a conduit à une révision des projections de croissance qui, désormais, tablent sur une récession de l’économie mondiale en 2020. La croissance devrait passer de 2,9% en 2019 à -4,9% en 2020 (FMI, juin 2020). L’Afrique subsaharienne enregistrerait une récession avec un taux de croissance de -3,2 % en 2020, soit une première depuis plusieurs décennies.

Au Sénégal, après une période de croissance soutenue de 6% en moyenne au cours des six (6) dernières années (2014-2019), la pandémie est venue porter un coup dur à l’économie nationale.

Pour contenir les impacts néfastes de la pandémie à coronavirus, le Gouvernement du Sénégal a, de manière inclusive, mis en place un Programme de Résilience économique et sociale (PRES), pour des actions de très court terme, doté d’un fonds de riposte dénommé « Force Covid-19 » d’un montant de 1 000 milliards de francs CFA, soit 7% du PIB, en vue de soulager les ménages les plus affectés et les entreprises directement touchées par le choc.

Ajustement du PAP 2 pour la relance de l’économie

L’ampleur de la pandémie requiert un réaménagement des interventions publiques et la redéfinition des contours d’un plan d’investissements prioritaires. Ces actions porteront sur les secteurs à fort potentiel de croissance économique et d’inclusion sociale.

C’est dans ce contexte que le Sénégal procède à l’ajustement du Plan d’Actions prioritaires (PAP) de la phase II du Plan Sénégal émergent (PSE) en vue d’atténuer les effets négatifs de la crise, de relancer les activités socioéconomiques et de se mettre sur la trajectoire de l’émergence.

Selon le présentateur, le document est structuré autour de trois (3) parties.

La première traite de l’analyse diagnostique afin d’identifier les contraintes, les atouts, les opportunités et les défis à relever.

La deuxième partie aborde le cadre stratégique dans lequel des ajustements nécessaires sont proposés, notamment en termes d’objectifs stratégiques et d’effets attendus.

Enfin, la troisième partie présente le cadrage macroéconomique révisé, mais aussi le nouveau plan d’actions prioritaires ainsi que son financement.

C’est ainsi que le pari de relancer l’économie réside dans la prise en compte d’un certain nombre de nouveaux principes directeurs dans les choix et décisions publics. Ces principes, qui viennent s’ajouter à ceux déjà arrêtés dans la phase II du PSE, concilient, à moyen terme, l’éthique, la préférence locale et la solidarité.

« L’une des leçons apprises de la pandémie est celle relative aux limites du système socioéconomique mondial et, en particulier, celui des pays en développement. À cet effet, l’option innovante de taille est d’amener l’État, dans un avenir proche, à pouvoir compter sur ses propres ressources et à disposer de terroirs plus résilients aux chocs. Pour y arriver, il convient de réviser le modèle de développement, en vue notamment de produire, de plus en plus, ce que l’on consomme dans l’optique d’une souveraineté alimentaire et sanitaire, mais aussi en rendant le système éducatif plus performant », a expliqué le panéliste.

Le credo pour le Sénégal est un développement endogène orienté vers un appareil productif propice et plus compétitif avec l’implication d’un Secteur Privé national fort.

En plus de ceux identifiés dans la phase II du PSE, la crise a fait ressortir de nouveaux défis, liés à la promotion d’une agriculture[1] intensive, abondante, de qualité et résiliente, à une santé inclusive, à un système éducatif performant, au développement d’un Secteur Privé national fort, au renforcement de la protection sociale et à la transformation industrielle et numérique, qu’il convient de relever.

Pour sa relance,  le Sénégal dispose d’un certain nombre d’opportunités à saisir afin d’asseoir son modèle autour d’un développement plus endogène. Ces opportunités reposent sur une population à majorité jeune en âge de travailler, l’émergence de pôles économiques de développement, la digitalisation progressive de l’économie et l’essor de l’intégration sous régionale.

« L’ajustement sur la période 2021-2023 sera bâti autour d’un recentrage des priorités afin de mieux redynamiser la marche vers l’émergence. À cet effet, les nouveaux projets du PAP 2 ajusté et accéléré (PAP 2A) seront arrimés aux objectifs stratégiques de la phase II, avec un accent particulier orienté vers le développement endogène, porté par la quête des souverainetés alimentaire, sanitaire et pharmaceutique, avec un Secteur Privé national plus dynamique.

Au plan macro-budgétaire, les projets structurants et réformes clés à mettre en œuvre permettront de stimuler davantage l’investissement privé national et étranger, de diversifier les moteurs de la croissance et de renforcer la résilience de l’économie ».

Les réformes attendues en perspectives macroéconomiques et sociales

Des réformes devront accompagner la relance de l’économie, particulièrement dans les domaines de l’agriculture, de l’aquaculture, de l’industrie pharmaceutique et du développement numérique en vue notamment d’améliorer l’environnement des affaires.

En définitive, malgré la sévérité de l’impact de la crise sanitaire sur l’économie, la mise en œuvre du PAP II ajusté et accéléré devrait permettre de repositionner le Sénégal sur la trajectoire d’émergence initialement projetée dans la phase II. En effet, la relance rapide de l’économie à partir de 2021, accompagnée de réformes et d’investissements massifs, notamment dans les secteurs sociaux, l’agriculture, l’aquaculture, l’élevage, le numérique et l’industrie, permettra de réaliser un taux de croissance moyen de 8,7% sur la période 2021-2023.

Un ambitieux programme de 14 712 milliards FCFA

Estimé pour la période 2019-2023, à 14 712 milliards FCFA, le coût global du PAP 2A a connu une augmentation de 614 milliards (4%) par rapport au PAP II initial. Globalement, la contribution attendue du privé dans le PAP 2A est estimée à 4 770 milliards de F CFA.

Le PAP 2A couvre l’ensemble des secteurs de l’économie nationale. Toutefois, une attention particulière est réservée aux secteurs prioritaires et de souveraineté.

La mise en œuvre du PAP 2A nécessite des mécanismes de financements innovants articulés autour des fonds d’amorçage, des fonds de garantie et d’appui au Secteur Privé.

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