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RAPPORT ITIE 2020: Les milliards pour les exploitants, la misère pour les travailleurs Le secteur extractif a généré 185,20 milliards dont 167,75 milliards affectés au budget de l’Etat

Les revenus générés par le secteur extractif pour l’année 2020 s’élèvent à 185,20 milliards francs Cfa, dont 167,75 milliards affectés au budget de l’Etat. Seulement, la contribution du secteur extractif dans le Pib (3,39%) reste faible. Tout comme l’emploi avec une contribution de 0,17%. En effet, le secteur extractif emploie 9409 personnes pour une masse salariale de 106,7 milliards. 

L’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie) a procédé à la publication de son rapport 2020 lors d’un atelier présidé par la présidente du Comité national Itie, Awa Marie Coll Seck, en présence du ministre chargé du suivi du Pse, Abdou Karim Fofana. Ainsi, il est ressorti du rapport Itie 2020 que le total des revenus générés par le secteur extractif pour l’année 2020 s’élève à 185,20 milliards francs Cfa, dont 167,75 milliards affectés au budget de l’Etat. Sur ces revenus générés par le secteur extractif, les 162,85 milliards francs Cfa, soit 87,93% desdits revenus, sont générés par le secteur minier, contre 16,07 milliards, soit 8,68%, pour le secteur des hydrocarbures. Le total des revenus générés par le secteur extractif au Sénégal a évolué de 24,16 milliards par rapport à l’exercice 2019, enregistrant ainsi, une hausse de 15,6%. Cette hausse s’explique par plusieurs facteurs dont la hausse des revenus du secteur minier de 30,68 milliards, passant de 132,17 milliards en 2019 à 162,85 milliards en 2020. En revanche, les revenus du secteur des hydrocarbures sont en baisse de 6,51 milliards, passant de 22,58 milliards en 2019 à 16,07 milliards en 2020. Cette baisse s’explique par l’absence de recettes exceptionnelles similaires à celles payées en 2019.

3,39% de contribution du secteur extractif dans le Pib

Les revenus générés par le secteur extractif en 2020 ont été affectés à 90,58% au budget de l’Etat et le reste des revenus réparti entre le compte d’exploitation de la société nationale Petrosen (3,23 milliards), les fonds propres des organismes collecteurs, les fonds revenant à l’Uemoa et à la Cedeao, et les dépenses sociales et environnementales. Quant au secteur minier artisanal, il a été affecté négativement par la pandémie à Covid-19 avec la suspension des activités d’orpaillage suite à l’arrêté du gouverneur de la région de Kédougou en date du 25 mars 2020. La reprise des activités n’a été permise que le 2 novembre 2020 suite à un arrêté d’abrogation du précédent arrêté. Le rapport est aussi revenu sur la contribution du secteur extractif à l’économie. Cette contribution du secteur extractif dans le Pib est de 3,39% en 2020 contre 3,52% en 2019. Selon toujours les données de l’Itie, la contribution du secteur extractif dans les recettes totales de l’Etat est passée de 5,30% en 2019 à 5,66% en 2020. La contribution des industries extractives dans les exportations du Sénégal en 2020 est de 37,88% contre 39,84% en 2019. La contribution du secteur extractif dans l’emploi est de 0,17%. En effet, tout comme les années précédentes, la contribution du secteur extractif dans le Pib et dans l’emploi reste marginale.

9409 personnes employées dans le secteur extractif pour une masse salariale de 106,7 milliards dont 98,3 milliards pour les employés du secteur minier

Les 26 sociétés retenues dans le périmètre de rapprochement de 2020 ont communiqué le détail de leur effectif ; elles emploient 9409 personnes en 2020. La majorité des effectifs, soit 95,68%, sont des nationaux. La masse salariale globale déclarée est de 106,7 milliards dont 98,3 milliards pour les employés du secteur minier et 8,4 milliards pour les employés du secteur des hydrocarbures. Les femmes sont en nombre de 724 et représentent 7,69% de l’effectif global. Le secteur des hydrocarbures compte 320 employés et le secteur minier 9089 pour une population active de 4.255.422. Donc, le pourcentage de la contribution directe du secteur extractif est de 0,22%.

206,8 milliards payés aux fournisseurs locaux

Les sociétés minières retenues dans le périmètre de rapprochement ont été sollicitées de déclarer le volume des transactions effectuées avec les fournisseurs locaux et étrangers. Ainsi, conformément aux déclarations Itie, les services et matières achetés auprès de fournisseurs locaux ont représenté 28,91% du volume total des achats des entreprises sélectionnées au titre de 2020, évalué à 715.692.333.114 francs Cfa. Le volume des transactions effectué avec des fournisseurs locaux au titre de 2020 s’élève à 206.873.843.922 francs Cfa. Ainsi Sabodala Gold Operation (Sgo) 53,1 milliards, la Sococim 48,3 milliards, Dangote SA 28,3 milliards, Ciments du Sahel 26,6 milliards, Ics 16,3 milliards, Grande Côte Operation (Gco) 10,5 milliards etc. Cependant, le volume des transactions effectuées avec des fournisseurs étrangers au titre de l’année 2020 s’élèvent à 508.818.489.192 francs Cfa. S’agissant des sociétés pétrolières dans le périmètre de rapprochement qui ont été sollicitées afin de déclarer leur volume de transactions effectuées avec les fournisseurs et sous-traitants locaux et étrangers,un total de 400,7 milliards a été déclaré au titre desdites transactions. Ainsi, le volume des transactions effectuées avec des fournisseurs locaux au titre de 2020 s’élèvent à 12,8 milliards. Par contre, le volume des transactions effectuées avec des fournisseurs étrangers au titre de 2020 s’élève à 387,2 milliards.

Une population minière artisanale de 31.000 personnes dont les 60% sont des étrangers

Au Sénégal, l’extraction minière artisanale et à petite échelle (Emape) d’or constitue à la fois un secteur important du point de vue écologique, social et économique et un secteur où la grande partie de ses activités est informelle. Les activités de l’Emape sont pratiquées dans deux des 14 régions du Sénégal, en l’occurrence la région de Kédougou et celle de Tambacounda. La région de Kédougou est celle où l’activité est la plus présente. En effet, 96% des sites se trouvent dans cette région contre 4% pour Tambacounda. Dans le cadre d’une étude réalisée en 2018, il a été estimé que la population minière du Sénégal est d’environ 31.000 personnes. À peu près, 25.000 personnes travaillent dans la région de Kédougou et environ 6000 à Tambacounda. Parmi cette population, on trouve 60% d’étrangers provenant d’au moins dix pays, principalement du Mali, de la Guinée et du Burkina Faso. Les enfants et les femmes sont également très représentés dans le secteur. En effet, il a été estimé que près de 50% de la main-d’œuvre est constituée de femmes et 6% d’enfants. Dans le cadre de cette étude, Il a été estimé en 2018 que 3,9 t/an (3952,31 kg/an) d’or sont produites par an au Sénégal, dont environ 3 t/an (2983,65 kg/an) proviennent de la région de Kédougou et 0,9 t/an (968,66 kg/an) de la région de Tambacounda. Ainsi, pour le secteur artisanal, la contribution dans l’emploi est estimée sur la base des résultats des études de diagnostic de l’exploitation artisanale de l’or. Sur cette base, la contribution indirecte pourra être estimée à 0,74%.

13 tonnes d’or pour 397 milliards

La production du secteur minier en 2020, telle que déclarée par la Direction des mines et de la géologie(Dmg), se présente comme suit : 13 tonnes d’or d’une valeur de 397,02 milliards ; 2.138.434 tonnes de phosphate d’une valeur de 107,70 milliards. Quant à la production du secteur minier par projet, Sabodala prend la tête de la production avec sept tonnes d’or pour 217,6 milliards, suivi de Mako 5,8 tonnes d’or pour 179,3 milliards francs Cfa.

(LES ECHOS)

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