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Pétrole : Les patrons des grandes compagnies pétrolières au Nigeria se prononcent sur le vol du brut

Le Nigeria a récemment perdu sa place de premier producteur africain de pétrole. Pour de nombreux analystes, c’est le moment pour le pays d’opérer des choix significatifs pour redresser la barre.

Le directeur général de la filiale de TotalEnergies au Nigeria, Mike Sangster, s’est prononcé le mercredi 6 juillet sur le vol de pétrole brut au Nigeria, dans le cadre d’une conférence sur les perspectives énergétiques du pays, à Abuja, la capitale. Un phénomène devenu, selon lui, « un crime organisé » qui cause la disparition dans des circuits de contrebande de près de 100 000 b/j de pétrole brut.

Ce volume représente, pour le pays d’Afrique occidentale, environ 10 millions de dollars de pertes de revenus chaque jour, calculées sur la base d’un prix du baril à 100 dollars.

« C’est une perte énorme pour le pays. Je pense que cela doit vraiment être une priorité de regarder au-delà des communautés d’accueil et voir comment nous pouvons aborder la question de la sécurité du brut et éradiquer le phénomène, une fois pour toutes », a déclaré Mike Sangster.

Selon le responsable, une avancée significative a été réalisée grâce à l’introduction, par la nouvelle loi sur le Pétrole, du « Host Community Trust Fund ». La mesure est destinée à établir un cadre juridique clair permettant d’assurer la gestion cohérente de l’ensemble de la chaîne de valeur pétrolière nationale, tout en garantissant des retombées pour les communautés.

M.Sangster a appelé les autorités et les parties prenantes à adopter des solutions supplémentaires, applicables sur le long terme, afin de rendre l’exploitation pétrolière au Nigéria plus attractive, dans un contexte de départ des firmes pétrolières internationales.

L’une des solutions consisterait, selon Rick Kennedy, directeur général de Chevron Nigeria, qui a également participé à la conférence, à définir de façon claire, sur la base de la nouvelle loi sur le pétrole, le rôle de chacune des parties prenantes à l’exploitation pétrolière au Nigeria.

La résolution des difficultés résultant du vol du pétrole au Nigeria reste un enjeu de taille pour le gouvernement fédéral qui a vu la production nationale s’éroder en 2022 et avec elle, les recettes issues de l’exportation du brut.

Mi-juin, le Nigeria a perdu sa place de premier producteur d’or noir au profit de l’Angola. Pour faire face à la situation, les autorités nigérianes ont adopté une série de mesures dont l’ouverture d’une enquête permettant d’établir l’ampleur du phénomène.

Il faut savoir que certaines sources évaluent le préjudice subi par le gouvernement fédéral à environ 10 milliards de dollars par an.

Dans un rapport publié fin juin, la Banque mondiale appelait le Nigeria à opérer des choix stratégiques et réglementaires notamment, s’il veut rester compétitif sur le marché pétrolier mondial.

AGENCE ECOFIN

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