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Pénurie de carburant au Mali : Bamako-Conakry, le couple qui pourrait inquiéter Dakar

Le litre d’essence entre 2000 et 2500 francs Cfa, c’est ce que certains Maliens payent pour le carburant. Cette hausse pourrait être la conséquence de l’opération militaire russe en Ukraine, si seulement le prix n’était pas à 762 francs Cfa à Bamako. Le Mali se tourne ainsi vers la Guinée pour combler le gap ! Une entente entre «rebelles» qui ne saurait être bien perçue par Dakar, coincée dans ses obligations communautaires.

 Avoir du carburant à Koro, une ville située dans la région de Mopti, est devenu la croix et la bannière. En plus de sa cherté, la population déplore la pénurie du carburant. Des images de clients en file indienne devant les stations-services ont fait le tour des réseaux sociaux. Des habitants invitent les autorités à prendre des mesures idoines pour décanter la situation. «Le prix dans les stations est à 700 Cfa, mais les commerçants détaillants le vendent à 2000 Cfa», témoigne un habitant de la localité interrogé par le site Studio Tamani. Un fait assez parlant qui commence à se généraliser.
Jeudi passé, Bamako avait reçu 2 millions de tonnes de carburant. La même cargaison a été réceptionnée hier. Elles proviennent de la Guinée Conakry.
«Toutes les dispositions sont prises pour ravitailler le pays en produits pétroliers par le secteur privé et l’Etat, qui sont engagés à trouver des moyens très rapidement avec les pays amis», a déclaré le président de la Chambre du commerce et de l’industrie du Mali (Ccim), Youssouf Bathily, à l’occasion de la cérémonie de réception d’une «importante quantité de gazole en provenance de la Guinée voisine». La cause de cette pénurie «n’est pas liée à la crise que vit le Mali, mais à une grève déclenchée par les syndicats du groupement professionnel du pétrole qui est composé des multinationales». Les pompistes exigent, entre autres, l’application «de la convention ; la régulation du contrat de travail ; le respect des heures ­supplémentaires ; la rémunération des primes et une amélioration de leurs conditions de vie et de travail».
Ainsi, pour trouver une solution, les autorités maliennes se sont, une fois de plus, tournés du côté de la Guinée (au détriment du Sénégal ?). Le ministre des Affaires étrangères malien, Abdoulaye Diop, accompagné de ses homologues de l’Economie, des Transports et du directeur de Cabinet de la Présidence étaient à Conakry pour rappeler la considération de Goïta : «La Guinée est le port du Mali car il fait office d’accès central à la mer.» Faut-il le rappeler, c’est un trafic journalier d’un millier de camions sur l’axe Dakar-Bamako, rapportant à l’économie sénégalaise 253 milliards Cfa, qui s’est s’arrêté depuis le début de l’embargo. Bamako est le premier client de Dakar dans la région, avec les exportations du Sénégal à destination du Mali chiffrées à plus de 200 milliards Cfa, selon l’édition 2019 de la Note d’analyse du commerce extérieur de l’Ansd (Agence nationale de la statistique et de la démographie). «Comme destination à l’exportation, le Mali, tout seul (474 milliards de francs Cfa en 2020), est plus important pour le Sénégal que tous les pays de l’Union européenne réunis (264 milliards ; France : 44 milliards)», a soutenu l’économiste à la Fondation Rosa Luxembourg, Ndongo Samba Sylla.
LEQUOTIDIEN

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