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Nouveau patron du Comité Afrique du Medef, le sénégalais Momar Nguer se félicite de la fin du franc CFA

Dans un entretien avec le journal en ligne français Challenges.fr, Momar Nguer, directeur général de la branche marketing et services de Total et président du comité Afrique du Medef (Mouvement des entreprises de France,) se félicite de la fin du franc CFA, symbole de la puissance coloniale. ” Le franc CFA était trop chargé émotionnellement. On a bien fait de changer de nom. ”

Momar Nguer, qui faisait partie de la délégation accompagnant Emmanuel Macron en Côte d’Ivoire du 20 au 22 décembre, se félicite de l’annonce ” historique ” du président français et de son homologue ivoirien, Alassane Ouattara : la fin du franc CFA – ” franc des colonies françaises ” -, remplacé par l’eco.

Pour le nouveau président du comité Afrique du Medef, le CFA restait un symbole de l’ex-puissance coloniale. Mais, sur le fond, il admet qu’il n’y aura pas de grand changement. L’eco restera lié à l’euro, avec une parité fixe, et la France apportera toujours une ligne de crédit en devises à ses Etats. ” La Françafrique, je n’ai jamais compris ce que c’était, lance-t-il. Il n’y a pas de quoi stigmatiser la France. Les Américains ont eu les mêmes relations avec l’Amérique latine, par exemple.

“En vingt ans, nos entreprises ont multiplié leurs investissements par huit, à plus de 52 milliards d’euros. Elles sont installées sur le long terme”

” Dans ses nouveaux habits d’ambassadeur des entreprises tricolores, il revendique son credo : l’afro-optimisme. Pourtant, les sociétés françaises ont vu leur part de marché en Afrique subsaharienne divisée par deux en moins de vingt ans, au bénéfice de la Chine. Avec une chute vertigineuse de 25 points au Sénégal, son pays natal ! Mais Nguer ne regarde que le verre à moitié plein. “Il ne faut pas vivre avec les schémas du passé. En Afrique, la croissance a augmenté le gâteau et il est normal que la France ne garde pas la même part, justifie-t-il. En vingt ans, nos entreprises ont multiplié leurs investissements par huit, à plus de 52 milliards d’euros. Elles sont installées sur le long terme”.

D’ailleurs, cet amateur d’art contemporain africain – des tableaux de Mor Faye ornent son bureau – n’est pas mécontent de voir les dirigeants du continent noir découvrir les excès de la conquête chinoise. “Ils sont en phase d’apprentissage”, glisse-t-il. Et de pointer les Etats ayant cru aux sirènes de Pékin, qui leur a octroyé des prêts colossaux, remboursés aujourd’hui dans la douleur. “Quand vous voulez conquérir un marché, vous pouvez faire des choses un peu folles. ”

Toujours prudent, voire langue de bois, Nguer laisse entendre que les Français vont prendre leur revanche : “Il faut savoir faire le dos rond. ” Son rôle de VRP des groupes français, il l’exercera auprès des chefs d’Etat africains, qu’il connaît bien, notamment Macky Sall. Une proximité assumée : “Etre Africain, c’est un sentiment qui nous rassemble. Un sentiment bien moins fort en Europe, a-til constaté. “En Afrique, les Etats ont un rôle primordial dans la vie des affaires. L’Etat agit souvent comme donneur d’ordre régulateur et prescripteur” insiste-t-il.

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