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Hôtellerie en Afrique de l’Ouest : quatre facteurs fondamentaux qui alimentent un flux croissant d’investissements

Dans une interview, Philippe Doizelet, associé directeur, hôtels, Horwath HTL, le premier consultant de l’hôtellerie en Afrique de l’Ouest, en collaboration avec le Forum de l’Investissement Hôtelier en Afrique (FIHA), la première conférence sur l’investissement hôtelier en Afrique francophone, a identifié quatre facteurs fondamentaux qui alimentent un flux croissant d’investissements dans le secteur hôtelier en Afrique de l’Ouest.

Ce sont: la connectivité aérienne,  une meilleure croissance économique, la monnaie et la démographie.

Au cours des dernières années, de nouvelles liaisons aériennes ont transformé les voyages à destination et en provenance de l’Afrique de l’Ouest, ce qui, selon Philippe Doizelet, directeur adjoint de Horwath HTL, a changé la donne : «Auparavant, les principaux hubs pour les vols entre les pays d’Afrique de l’Ouest étaient Paris et Casablanca.

Cependant, grâce à la croissance rapide d’Ethiopian Airlines et d’autres transporteurs, comme Emirates, Kenya Airways et Turkish, la situation a changé; et de nouveaux itinéraires sont proposés aux voyageurs.

Par exemple, il est désormais possible de voler directement de New York à Abidjan, où se trouve la Banque africaine de développement, ou à Lomé, où se trouve la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BOAD)… et avec la multiplication des voyages, le commerce augmente et Selon l’OMT, les arrivées de touristes internationaux en Afrique ont cru de 7% en 2018, l’un des taux de croissance les plus rapides au monde avec l’Asie de l’Est et le Pacifique.

L’analyste des données de vol, ForwardKeys, a récemment confirmé que cette tendance se poursuivait. En 2019, l’aviation africaine a connu un essor de 7,5% , ce qui la place en tête des secteurs à  plus forte croissance pour le premier trimestre 2020.

Au 1er janvier, les réservations internationales pour l’étranger avaient augmenté de 12,5%,  de 10,0% vers d’autres pays africains et de 13,5% vers le reste du monde. En tant que destination, l’Afrique devrait également bien se porter, les réservations en provenance d’autres continents  ayant actuellement augmenté de 12,9%.

Le deuxième facteur est la croissance économique supérieure de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest, qui se développent beaucoup plus rapidement que la plupart des économies les plus avancées du monde.

Selon les données de la Banque mondiale pour 2018, plusieurs pays, comme le Bénin, le Burkina Faso, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Côte d’Ivoire et le Sénégal connaissent une croissance égale ou supérieure à 6% par an , plus du double de la moyenne mondiale qui est à 3%. C’est là un attrait majeur pour les investisseurs internationaux.

Mais ce n’est pas tout;  à mesure que la prospérité augmente au niveau national, il en va de même pour l’industrie locale des services financiers. On cherche ensuite à investir l’argent des clients; une bonne partie de ce capital se concentre sur des projets immobiliers et, en retour, sur de nouvelles infrastructures nationales.

Au fur et à mesure que ces projets se concrétisent, une plus grande prospérité s’ensuit, ce qui génère un cycle vertueux qui agit comme un catalyseur pour le développement économique.

La monnaie est le troisième facteur. Plus tard cette année, on devrait abandonner le franc CFA, qui est indexé sur l’euro, et 15 pays d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)  devraient adopter l’Eco, une nouvelle monnaie commune flottante, conçue pour réduire le coût des affaires entre ces pays et ainsi accroître le commerce.

Cependant, bien qu’il existe un grand enthousiasme pour l’Eco, il faut toutefois émettre des réserves parce que les économies des pays participants sont à différents stades de développement et les gouvernements pourraient avoir du mal à adhérer aux directives convenues pour gérer leurs économies.

Le quatrième facteur est la démographie. La population est jeune et connaît la croissance la plus rapide de toutes les grandes régions du monde. Selon Philippe Doizelet, elle se caractérise également par une soif d’apprendre et une confiance en l’avenir.

«Les gens voient leur niveau de vie s’améliorer et sont désireux de saisir les opportunités. Nous voyons cet état d’esprit reflété dans toute l’industrie hôtelière; c’est incroyablement rafraîchissant et cela attire les entreprises », a-t-il déclaré.

Source APO

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