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Finance : Moody’s juge risquée la dette de l’une des sociétés du milliardaire Dangote, pour les investisseurs internationaux

Malgré ses bons fondamentaux financiers, Moody’s a estimé que la dette internationale de Dangote Sugar Refinery présentait un profil de risque élevé, en raison de son exposition à un marché nigérian volatil et une conjoncture internationale qui signale des possibilités de déséquilibre

L’agence de notation financière Moody’s a annoncé sa note Caa1 pour la dette de Dangote Sugar Refinery Plc (DSR). Elle a ainsi émis une opinion qui risque de peser sur les primes de risque exigées par les investisseurs, si l’entreprise souhaite mobiliser des capitaux sur le marché international, surtout en ces moments où le Nigeria, son principal marché et pays de siège, fait face à des défis de liquidités en devises.

Avec le Naira (monnaie nigériane) qui s’est déprécié en juin 2023, consécutivement à l’unification des taux de change par l’administration du nouveau président Bola Tinubu, Moody’s s’attend à ce que les coûts d’importation de sucre augmentent davantage et fassent pression sur des marges brutes qui sont de 3,4 fois inférieures à la dette de l’entreprise.

DSR n’est pourtant pas une entreprise ordinaire. Leader incontesté en Afrique subsaharienne, avec une importante capacité de raffinage, elle est soutenue par le puissant conglomérat Dangote Industries fondé par l’homme le plus riche d’Afrique. Sur le papier, DSR semble avoir tout pour elle : un marché en croissance, le soutien du gouvernement, à travers le Nigerian Sugar Master Plan (NSMP), et une ambition claire de dominer le secteur sucrier africain.

Cependant, Moody’s rappelle une réalité plus nuancée. L’exposition totale de DSR au Nigeria, bien que source de ses succès, est également à l’origine de ses plus grands défis. Le pays qui est peu diversifié sur ses produits d’exportations fait très souvent face à des situations de volatilités macroéconomiques, de turbulences politiques et de défis réglementaires.

Et bien qu’offrant un marché intérieur en croissance, grâce à une démographie dynamique et à une demande croissante de produits de consommation comme le sucre, le Nigeria est également synonyme d’instabilité : dépréciation monétaire, inflation devenue historiquement élevée, et incertitudes politiques.

Au-delà des défis macroéconomiques, DSR est également confrontée à la volatilité intrinsèque du marché du sucre. Les fluctuations des prix mondiaux du sucre peuvent transformer une année rentable en année déficitaire en un clin d’œil. Les signaux en provenance de l’Inde font craindre de nouveaux déséquilibres sur le marché international.

L’agence de notation reconnaît cependant la force intrinsèque de l’entreprise et sa capacité historique à s’adapter et à évoluer. Les prochaines années pourraient bien être déterminantes, non seulement pour l’entreprise elle-même, mais aussi pour l’industrie sucrière nigériane dans son ensemble.

Ecofin

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