Du nouveau dans l’affaire des faux billets : après la première saisie estimée à près de 2 milliards de FCfa, la police de la Médina a effectué une autre découverte renversante. Il s’agit d’une malle en fer contenant près de 3 milliards en faux, un lot de passeports, de chèques…. Ils ont été saisis au domicile du présumé cerveau.
Pour un coup de filet, l’intervention des limiers du commissariat du 4e arrondissement s’est révélée être un coup de maître, avec à la clé près de 2 milliards de FCfa saisis dans la nuit du 22 au 23 décembre, au cours d’un contrôle de routine à Colobane. Tout est ensuite allé très vite, au beau milieu de la nuit. Après l’arrestation à 00H30mn du jeune Ablaye Bâ à Colobane, la saisie de billets noirs dans son véhicule Hyundai Tucson et la perquisition de sa chambre à Liberté 6, ponctuée par la saisie de près de 2 milliards en faux billets de FCfa, les policiers ont appréhendé, vers 6 heures du matin, le présumé cerveau de ce trafic, Cheikh Kane. Une arrestation qui a permis à la police de faire une autre découverte étonnante au domicile de M.
L’inventaire des saisies qui enfoncent le cerveau présumé de ce trafic
Après l’acte 1, soldé par la saisie de billets noirs et faux billets estimés à plus d’un milliard et l’arrestation d’un maillon de ce trafic, les éléments de la brigade de recherches de la Médina déroulent instinctivement l’acte 2. Il est environ 6 heures du matin, lorsque le commissaire Sow et ses hommes débarquent en compagnie de Ablaye Bâ à Cambérène et prennent position devant un somptueux immeuble R +3.
Le bâtiment cerné, l’assaut est donné par les policiers qui s’invitent au 2e étage, dans un luxueux appartement occupé par leur cible, Cheikh Kane, présumé cerveau de ce trafic. Trouvé profondément endormi, Ch. Kane sera pris de court par l’intervention rapide des policiers en civil. Mieux, le commissaire Sow et ses hommes procèdent à une perquisition des lieux qui les conduira à une découverte plus importante que les billets noirs retrouvés plus tôt dans la malle arrière de la voiture conduite par A. Ba et plus conséquente que le milliard 600 mille FCfa, en faux retrouvé à Liberté 6, chez A. Ba. Cette fois, la découverte porte sur une imposante malle en fer, dissimulée sous le lit du maître des lieux. Elle est bourrée de billets noirs en coupure de 100 et de 50 dollars. L’inventaire a permis de savoir qu’il s’agit de billets noirs compilés en blocs de 1000, constitués en coupures de 100 et de 50 dollars. La totalité de ces liasses de billets de banque sera estimée à près de 3 milliards de FCfa, soit un «pactole» au moins 2 fois plus important que les montants saisis à Liberté 6 et Colobane.
Cheikh Kane serait aussi impliqué dans un réseau de trafic de passeports
Ce n’est pas tout. A force de fouiner, les limiers vont découvrir une autre facette de Cheikh Kane qui serait aussi impliqué dans un réseau de trafic de passeports. «Une dizaine de passeports ordinaires et d’autres documents administratifs ont été découverts dans l’appartement au cours de la perquisition», soufflent nos sources. Les policiers qui ont fouiné dans les recoins des lieux, vont mettre la main sur un lot important de chèques de banque, mais aussi sur une collection de montres de marque et de parfums de niche. En quittant les lieux, en compagnie du présumé cerveau de ce trafic (Cheikh Kane) et de son acolyte, Ablaye Ba, le commissaire Sow et ses hommes ont réquisitionné deux véhicules de marque «Chevrolet» et «Seat», stationnés au parking de l’immeuble. Ch. Kane a avoué que le premier véhicule est le sien et qu’il a loué le second.
Les infractions retenues contre les mis en cause
Une fois au commissariat de la Médina, Cheikh Kane est soumis au feu roulant des enquêteurs. Natif de Matam en janvier 1963, Cheikh Kane, régulièrement domicilié à la Cité Douanes (Guédiawaye), confient nos sources, «avoue s’activer dans le faux monnayage depuis longtemps.» Il a aussi reconnu avoir remis à «Ablaye Ba des billets noirs à charge pour ce dernier de les transformer en billets de banques authentiques.» A la question relative à l’origine de cette production à grande échelle de faux billets, Cheikh Kane s’est montré coopératif et a balancé le nom et l’adresse de son présumé fournisseur, «un ressortissant malien domicilié aux Parcelles Assainies». Toutefois, la descente des policiers à cette adresse en compagnie de Ch. Kane n’a pas permis de mettre la main sur le ressortissant de la sous-région, visiblement entré en cavale. Cheikh Kane et Ablaye Ba, maintenus en garde à vue, devraient être déférés ce matin au parquet du tribunal de grande instance de Dakar, pour détention de faux billets de banque, faux monnayage, tentative d’escroquerie et blanchiment de capitaux.
(L’OBSERVATEUR)
