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Contribution de Araby NIASSE* : ” Le Sénégal et le péril jeune “

Le PÉRIL jaune était au 19eme siècle la peur que suscitaient les asiatiques, les chinois plus précisément, de par leur nombre et leur potentiel à devenir une puissance au moins égale sinon surpassant celle de l’Occident. Ce « Péril jaune » a fini par laisser place aujourd’hui a un miracle économique faisant de la Chine et les pays environnants la plus grande zone de prospérité du monde.

La comparaison avec la situation de la jeunesse sénégalaise en particulier et africaine en général nous paraît intéressante. Tant les potentialités et les peurs que suscitent cette jeunesse sont comparables. Trop nombreux, mal éduqués, trop pressés, non qualifiés, pas sérieux, distraits, légers, les qualificatifs péjoratifs, et idées reçues sur la jeunesse Sénégalaise ne manquent pas.

Tous semblent dessiner le même portrait, celui d’une jeunesse en inadéquation avec son pays, une jeunesse en rupture avec les traditions, une jeunesse qui ronge ses ongles, une jeunesse qui vit un malaise permanent, un malaise inhérent à la situation de jeune (aspirant à) devenir un acteur de son destin, un acteur du destin de son pays.

Ni les slogans politiques, ni les simulacres de politiques publiques ne semblent pouvoir éradiquer le cercle vicieux dans lequel se trouvent les jeunes sénégalais. Une jeunesse qui a été abandonnée, qui a vu son avenir hypothéqué par des décideurs publiques plus soucieux à obtenir des gains politiques immédiats que d’apporter des vraies solutions à ce «défi civilisationnel» pour reprendre la fameuse formule du Président Français.

Et pourtant lorsque l’on regarde les dynamiques démographiques toujours en croissance de nos pays, face à l’insuffisance des ressources disponibles conjugués à une allocation opportuniste, parfois pour des intérêts autres, que ceux qu’ils sont supposés défendre, il y’a lieu de se demander si effectivement il ne s’agit pas là d’un «défi civilisationnel» pour nous.

A ce terme je préfère celui «d’opportunité civilisationnelle» tant les potentialités dégagées par cette jeunesse sont la seule chance pour nos pays de sortir de notre «léthargie quadricentenaire» pour entrer de pleins pieds et puissamment dans ce 21e siècle qui sera inéluctablement celui de l’Afrique, et de sa jeunesse!

Car, la rareté des ressources face à l’augmentation de la demande en biens de consommation en tous genre dopés par la puissance de l’internet finiront par «replacer» l’Afrique et ses ressources (extractives, comme humaines) au centre de toutes les convoitises politiques et financières. Pourtant de grands barrages semblent se dresser face à cette jeunesse.

Ils sont politiques (pratiques gérontocratiques) économiques (oligarchiques) et parfois démographiques. Mais aucun barrage ne pourra résister à cette jeunesse, tant elle est pleine d’énergie, de créativité, de combativité, d’envie, de courage et de témérité pour venir à bouts de ces déf is, pour briser le plafond en verre, pour crever l’abcès!

Cette jeunesse-là est prête à prendre son destin en mains, ayez l’humilité de l’écouter, de les consulter, et enfin de les impliquer dans toute décision qui engage leur avenir. Cette jeunesse-là est informée, plus que toute autre génération précédente, elle a envie de vivre, de se former, de se trouver des vocations, de découvrir ses talents, ses forces, de réussir!

Réussir pour rendre justice à ses mères, ses pères, qui ont tant sacrifié pour leur offrir une vie meilleure, qui ont placé toutes leurs espoirs en eux. Cette jeunesse-là ne sera pas l’énième génération à se sacrifier pour satisfaire les ambitions personnelles des uns et des autres, et voir sa cause reléguer au second plan. Nous ne le permettrons pas!

Cette jeunesse-là a des capacités de mobilisation rapide et efficace qu’aucune génération n’avait auparavant. Cette jeunesse-là arrive au moment où son pays entre dans le club des pays producteurs de pétrole et de gaz. Ils doivent être les ingénieurs qui iront perforer nos eaux pour en extraire les richesses. Ils doivent être ces cultivateurs qui repousseront les limites techniques en pratique aujourd’hui pour permettre à ce pays de doper sa production agricole.

Ils doivent être les capitaines de l’industrialisation et la transformation des biens produits au Sénégal. Ils doivent être les champions du secteur de la pêche dotés des outils modernes pour une exploitation optimale de nos ressources halieutiques. Ils doivent être des innovateurs à la pointe des grandes révolutions numériques et digitales ou dans l’intelligence artificielle.

Elle sera la génération qui enverra des fusées sénégalaises dans l’espace, pour y placer des satellites sénégalais. Elle sera la génération qui maîtrisera l’énergie, l’eau, et les offrira à tous les sénégalais partout où il se trouvent.

Elle sera la génération qui créera les conditions de vie meilleure pour nos aînés, nos mères et pères, nos paysans, nos commerçants, nos transporteurs. Elle sera la génération qui renversera la table. À nous, jeunes sénégalais, notre moment est venu pour nous retrouver autour de l’essentiel, en mettant de côté nos appartenances politiques, idéologiques, organisationnelles, institutionnelles.

Nous avons le devoir de nous parler, de nous écouter, de nous consulter et d’apporter ensemble de solutions concrètes aux situations que nous ne connaissons que trop bien, et que nous nous devons régler. Jeunesse du Sénégal debout, épaules contre épaules pour l’avènement d’un Sénégal nouveau, le SÉNÉGAL que nous voulons tous!

* Jeunesse Sénégalaise en Action
COP (Comité d’Orientation et de Pilotage)
Assises Citoyennes de la Jeunesse

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