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BCEAO : “Entre 2018 et juin 2021, LLes financements accordés aux PME et PMI, S’élèvent à 600 milliards”

Entre 2018 et juin 2021, les financements accordés aux Petites et moyennes entreprises (PME) et Petites et moyennes industries (PMI), sont passés de 250 à 600 milliards, d’après les chiffres fournis par la représentante de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Kardiata BA. La régulatrice participait au panel sur le financement alternatif, une solution à l’accès aux financements, tenu hier jeudi 9 septembre, lors du lancement du programme ELLEVER, par Ecobank, créé pour les entreprises axées sur les femmes.

“En 2018, la situation de référence sur le financement des PME et PMI faisait état de 250 milliards F CFA. Chemin faisant, il a fallu trouver les contraintes à travers une étude menée par la Banque centrale (BCEAO), pour définir les difficultés que rencontraient les PME face à l’accès au crédit. Ce que nous avions constaté, c’est que la première contrainte restait l’absence d’informations financières : Qui sont derrière les programmes ? Est-ce qu’elles souhaitent se former ? Toute la difficulté était à ce niveau. Nous avons eu à travailler avec le ministère pour dérouler les axes du dispositif de soutien de financement aux PME, PMI”, a-t-elle détaillé, avant de dresser la situation actuelle.

“Si votre dossier a été rejeté, dirigez-vous vers une structure d’appui notamment l’ADPME pour vous dire qu’est-ce qui ne va pas dans votre dossier, et comment votre dossier peut (recueillir) un avis favorable”, a-t-elle conseillé, par ailleurs.

Mais, le constat est là : seules 3,5 % des femmes arrivent à avoir accès aux crédits bancaires, a relevé pour s’en désoler la modératrice du panel, Thiaba Camara SY, Présidente de WIC Capital.

Parmi les barrières à abattre, l’économiste Ousmane Biram Sané, autre panéliste, a directement pointé l’informel : “En effet, la plupart des entreprises, que créent les femmes, sont dans le secteur informel. Quelles sont les solutions à cela ? Je pense qu’il faudrait les accompagner de manière à ce qu’elles puissent créer, gérer et développer une entreprise mais en se conformant aux normes. Parce qu’il faut aussi qu’on se le dise, souvent les gens pensent que quand on a un registre de commerce, on est sorti de l’informel. Je ne partage pas ce point de vue. Je pense que pour sortir du secteur informel et être dans le formel, il faudrait respecter les conformités. A cet égard, pour accéder au financement, il y a deux conformités qui me paraissent fondamentales : la conformité fiscale et la conformité bancaire. L’une est là pour l’intérêt général, et la banque aussi travaille avec nous”.

D’où son plaidoyer pour “accompagner les femmes à avoir des entreprises qui épousent toutes les normes formelles.”

Selon l’expert, “il est (également) important, aujourd’hui, d’élever la capacité de négociations des femmes. La négociation commence déjà à la maison pour l’épouse. Par exemple : j’ai vu à Ziguinchor, une association de 2000 femmes qui forme ses membres en pouvoir de négociations. Parce qu’elles se sont rendu compte que leurs membres n’arrivaient pas à aller vers des activités économiques parce que le mari refusait. Elles ont développé des techniques de négociations jusqu’à obtenir progressivement du mari qu’il libère leurs épouses pour qu’elles aillent faire des activités socio-économiques.”

Christine Ndiaye Sène de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) a insisté, elle, sur “l’éducation financière : savoir comment gérer son argent, pour pouvoir gérer et les besoins de la famille et avoir des femmes beaucoup plus performantes.”

La sous-traitance est aussi un levier à actionner, a orienté la régulatrice.

(EMEDIA)

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