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Agriculture-Gambie : la production de coton contribue à autonomiser les femmes

Constatant la croissance de l’industrie cotonnière en Gambie, Elsie Aimee Williams a fondé Ewefarm, une ferme de production de coton bio tenue par des agricultrices rurales. Elle les encourage à adopter des pratiques respectueuses de l’environnement afin de développer durablement cette filière.

Ewefarm (Elsie’s Women Empowerment Farm), entreprise agricole spécialisée dans la culture du coton, est célèbre en Gambie pour employer majoritairement des femmes. Sa marque de fabrique est de n’utiliser aucun additif chimique, proposant un coton organique pour la fabrication d’articles ménagers et de produits industriels. Son objectif est de renforcer le rôle des femmes dans l’agriculture respectueuse de l’environnement.

Elsie Aimee Williams (photo), l’entrepreneure à la tête de Ewefarm, a plus de 5 ans d’expérience en la matière. Elle a identifié une demande croissante de coton biologique ces dernières années, et ce marché en plein essor l’a poussé à créer son entreprise en 2019.

« Nous n’utilisons pas de produits chimiques nocifs et obtenons en même temps de bons prix à l’exportation. Le monde a besoin de plus de produits biologiques », a-t-elle expliqué sur le site du Centre du commerce international (ITC).

La Gambie ne recèle pas vraiment des minéraux et des ressources naturelles d’intérêt, et développe son économie grâce à l’agriculture. Connu dans les années 80 pour sa filière cotonnière, le pays a vu sa principale culture de rente perdre de la valeur sur le marché international au fil des années, comme le déplorait le ministère du Commerce en 2020. Le gouvernement a entamé des programmes visant à relancer cette culture, et le marché en pleine mutation constitue pour Elsie Aimee Williams une opportunité de contribuer au développement de la filière en se servant des nouvelles pratiques agricoles.

Avec l’agroécologie, un procédé de production qui n’affecte pas la flore et la faune, le coton organique de l’Ewefarm résiste mieux aux stress climatiques tels que la sécheresse et les inondations. Sa production est moins gourmande en eau et en intrants que les cultures dépendantes des engrais et les plantes génétiquement modifiées. Cela garantit un investissement nettement inférieur et une meilleure rentabilité. L’activité contribue également à fournir des emplois aux femmes des communautés rurales.

A ses débuts, Elsie a rencontré des difficultés dans la mise en place de son exploitation en raison du manque d’équipements et du défaut d’organisation dans les dépenses. Pour améliorer sa capacité de production, elle a suivi une formation et a reçu un soutien financier de SheTrades, du Centre du commerce international. Elle a ainsi pu acheter des terres, des semences et des équipements pour agrandir son entreprise.

« Nous avons pu acheter une machine à désherber et à semer pour augmenter notre production. Avant la formation, à la tenue de registres, je n’avais aucune vue d’ensemble de mes dépenses. Maintenant, je sais à quoi j’ai dépensé mon argent », a-t-elle ajouté.

A ce jour, une trentaine de personnes travaillent sur la ferme de 5 hectares de Ewefarm. Elsie Aimee Williams s’est également lancée dans la transformation agroindustrielle en produisant de l’huile de coton. Elle prévoit d’exporter plus d’une tonne de coton et d’établir progressivement une chaîne de valeur dans la sous-région. A présent, elle travaille à un moyen de diversifier ses revenus et ambitionne de produire des tissus pour vêtements, un objectif qui atteint, apporterait de la valeur ajoutée à cette industrie au niveau local.

Ecofin

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