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Kédougou : Des exploitations maraîchères verdissent les berges du fleuve Gambie

Ils sont nombreux les jeunes qui investissent les berges du fleuve Gambie ceinturant la commune de Kédougou pour y développer le maraîchage. Grâce à leurs efforts personnels, ils parviennent (avec des moyens rudimentaires) à vivre à la sueur de leur front et à ravitailler le marché local en légumes. 

(Kédougou) – Juste derrière le fleuve Gambie, entrecoupé en cette période de l’année, des jeunes ont pris quartier sur le long du cours d’eau. Ces terres appartenaient à leurs parents ou grands-parents et servaient de champs de cultures vivrières à chaque saison des pluies. Mais aujourd’hui, de nombreux jeunes, issus des familles propriétaires, occupent les lieux et pratiquent le maraîchage toute l’année durant. Sur place, à partir des clôtures de fortune qu’ils ont érigées, s’offrent à perte de vue des plants de gombo et d’aubergine, sous le vent frais et humide qui embaume l’air. Le confluent du fleuve, mêlé à cet air de la matinée, suite à la pluie de la veille, donne bien à respirer dans cet espace verdoyant. Djiby Touré, la quarantaine, dispose de son verger à quelques encablures du point de passage du fleuve. Il s’active ici dans le maraîchage depuis dix ans.

Sur cette étendue de terre de quatre hectares, il y a aussi planté des manguiers qui commencent à produire depuis déjà deux ans. Mais le maraîchage semble avoir pris le dessus chez lui. « J’ai commencé le maraîchage sur ces terres depuis 10 ans maintenant. Je cultive du gombo, de l’aubergine, du piment. Chaque année, je varie les cultures. Pendant les fêtes de Noël, nous faisons de la salade, de la carotte, des choux… Donc nous alternons le maraîchage. Il faut être stratège. Si l’on se focalise uniquement sur la salade, les carottes, les choux, c’est une seule récolte que nous ferons et il faut repiquer après et attendre encore. Alors qu’avec le gombo, les aubergines, le piment, nous faisons trois à quatre récoltes avec les mêmes semis », explique-t-il. Avec son gombo qui a commencé à produire, Djiby semble se frotter au mieux les mains. « Pour la production du gombo par exemple, il y a deux jours, j’ai récolté 150 kilogrammes et chaque trois jours, nous faisons la récolte. Le kilogramme est vendu à 1000 FCfa. Mensuellement, j’ai des revenus très intéressants. Et j’emploie deux personnes qui me reviennent à 80.000 FCfa par mois », informe-t-il. Nfaly Keita, un des employés de Djiby, qui travaille depuis deux ans dans ce verger, estime que cette activité nécessite des efforts. « C’est un travail difficile. Avec l’aide d’un groupe électrogène et d’un tuyau, nous parvenons à acheminer l’eau du fleuve au verger pour arroser nos plants. Nous travaillons toute l’année. Notre grand problème ici, c’est la divagation des animaux. Nous mettons en place des clôtures avec des épineux. Et pendant l’hivernage, la crue du fleuve peut nous causer des dégâts. Nous faisons le maraîchage donc en comptant sur plus de chance », témoigne-t-il.

Aussi, le carburant à mettre dans la motopompe nécessite un budget de 50.000 FCfa. « Nous avons besoin qu’on nous accompagne en pompes solaires pour amoindrir les coûts d’investissement, notamment en termes de carburant », plaide Djiby Touré. 500 kg de gombo tous les trois jours En continuant notre chemin sur les bords du fleuve, nous sommes tombés sur le jardin d’Abou Sall. Il vient de Richard-Toll et s’est établi à Kédougou depuis sept ans. « À Richard-Toll, je pratiquais le maraîchage et quand je suis venu ici, je me suis inscrit dans la même lancée car j’ai vu que l’accès aux légumes était très difficile ici. Grâce au maraîchage, j’ai pu me réaliser ici. J’ai une maison et j’entretiens ma famille avec. En termes de production par exemple, je récolte 500 kilogrammes de gombo tous les trois jours. Ces dernières années, avec la pandémie, il faut reconnaître que les prix ont baissé. Mais nous parvenons à écouler toutes nos productions », renseigne le bonhomme.

Comme Djiby Touré, Abdou Sall est lui aussi d’avis que leur grand problème reste la divagation des animaux et le manque de matériels. « Si l’on pouvait nous aider à clôturer nos vergers avec une grille et à obtenir des motopompes pour tirer l’eau facilement du fleuve, je puis vous dire que d’ici 2 à 3 ans, il n’y aura plus d’importation de légumes à Kédougou », affirme-t-il.

(LESOLEIL)

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