La reconstitution du capital semencier constitue une préoccupation de l’Institut sénégalais de recherches agricoles. Le Directeur Général de l’Isra, en visite au Centre national de recherches agronomiques de Bambey, fixe un objectif de production de 65 tonnes de pré base à l’horizon 2022 en vue de préparer les campagnes agricoles ultérieures. Pour ce faire, le Directeur Général de l’Isra plaide pour l’accompagnement de l’Etat pour la production et la conservation des semences de qualité .
Le Directeur Général de l’Institut sénégalais de recherches agricoles en visite hier, vendredi, au Centre national de recherches agronomiques de Bambey décline ses objectifs en termes de production de semences. Selon Momar Talla Seck, les semences occupent une place importante dans la politique agricole : « Il faut qu’on puisse avoir des semences de qualité. Il faudrait qu’on puisse maitriser l’eau, avoir des superficies emblavables et qui sont fertiles.
En ce qui concerne les semences certifiées, il faut qu’il y ait des pré requis, c’est-à-dire que c’est l’Isra qui fabrique les semences de pré base de G 0 jusqu’à G 3. Ce qui est important est qu’il faut le voir à deux niveaux. Il s’agit d’abord de la création variétale et de conservation de nos variétés. Et les sélectionneurs ont un rôle important pour mettre en place les G0 et les G1. C’est à partir de G1 que l’unité de production va jouer son rôle en faisant la multiplication. Et c’est la G3 qui sera mise à la disposition des multiplicateurs agréés par le DISEM. On ne se limitera plus à mettre en place des pré-bases mais il faudra qu’on puisse accompagner ces multiplicateurs pour qu’on ait des semences certifiées et de bonne qualité ».
Et il poursuit : « l’Isra avait bénéficié d’un important budget pour reconstituer le capital semencier avec le projet de 2013 jusqu’en 2017. Les ressources financières et humaines étaient disponibles. Ce qui a fait qu’on a eu à produire des semences de pré base pour le pays et pour la sous-région. Cette année, avec le programme de compétitivité de l’agriculture et de l’élevage, nous avons comme objectif de produire 65 tonnes d’arachide pré base à l’horizon 2022 pour préparer les campagnes agricoles ultérieures. Et le gros problème se trouve au niveau des semences de pré base d’arachide. Mais il faudrait que l’Isra puisse bénéficier d’un appui de l’Etat mais aussi continuer à développer le partenariat public privé et audelà de la reconstitution avoir des réserves de semence de pré base de bonne qualité».
REVITALISER L’ISRA DANS LES LOCALITES
En ce qui concerne le sens de cette visite, le Directeur Général de l’Institut sénégalais de recherches agricoles a laissé entendre qu’« il s’agit de faire le tour de tous les centres, laboratoires, unités stations et PAPEM de l’Institut sénégalais de recherches agricoles en vue d’échanger avec le personnel pour leur expliquer la vision sur les nouvelles réorientations de l’Isra…Notre vision va dans le sens d’avoir une direction scientifique forte et transversale parce que l’Isra est l’un des rares instituts qui travaillent dans les 5 domaines (les productions végétales, les productions animales, les productions halieutiques, les productions forestières et la socio-économie.
L’autre élément, c’est de pouvoir mettre en place une administration forte et décentralisée. Il faut que tout ce qu’il y a comme résultats soient valorisés. C’est dans ce cadre de l’unité de valorisation des résultats de la recherche UNIVAL a son rôle à y jouer. Et c’est ces éléments qu’il faudrait mettre à disposition des partenaires avec qui nous travaillons. On peut citer les structures de développement de vulgarisation pour la mise en valeur pour que les populations puissent l’approprier. Il s’agit de faire vivre à l’Tsra, dans ces petites localités, son lustre d’antan c’est-à-dire les stations, les Papem (Points d’appui pré vulgarisation des expérimentations multi-locales) doivent jouer leur rôle aussi bien dans la recherche que dans la production ».
Abordant le volet maraichage, il indiquera que les chercheurs de l’Isra ont mis en place des parcelles de recherche et de démonstration avec des rendements élevés dans la cadre du PAPSEN : « Il s’agit de vulgariser pour pouvoir introduire toutes les variétés de maraichage et de l’arboriculture fruitières pour que ce qui se fait dans la vallée et dans la zone des Niayes puisse se faire dans tout le pays ».
(SUDQUOTIDIEN)
